Le coffrage donne sa forme au béton porteur : une erreur ne se rattrape pas après décoffrage. Protégez vos ouvrages avec une décennale adaptée au gros œuvre et obtenez votre attestation rapidement.
Le coffreur construit les moules qui donnent sa géométrie au béton : banches métalliques, coffrages bois traditionnels, coffrages grimpants pour les voiles de grande hauteur. Il pose les étais, règle les niveaux, contrôle l'aplomb, puis décoffre une fois le béton durci.
Son travail détermine la section réelle des éléments porteurs. Un voile hors d'aplomb, une poutre à la mauvaise hauteur ou un coffrage qui gonfle sous la pression du béton produisent un ouvrage non conforme aux plans — et rattraper la géométrie d'un élément coulé revient presque toujours à le démolir.
La loi Spinetta du 4 janvier 1978 impose une décennale à tout professionnel dont les travaux touchent à l'ouvrage. Le coffreur en fait partie sans discussion : il intervient sur la structure porteuse, au sens de l'article 1792 du Code civil.
Les désordres de coffrage se révèlent tard, quand la structure commence à travailler sous charge. Depuis la loi Macron de 2015, votre attestation doit figurer sur vos devis et vos factures — la plupart des entreprises générales la réclament avant même la signature du lot.
75 000 € d'amende + 6 mois d'emprisonnement (art. L243-3). Votre patrimoine personnel est engagé en cas de sinistre.
La décennale couvre les désordres compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. Voici les sinistres qui reviennent le plus souvent sur les lots de coffrage.
Risque élevé Banches mal réglées ou insuffisamment contreventées : le voile est coulé hors tolérance, ce qui décale les niveaux supérieurs et impose une reprise complète de la structure.
Risque élevé Serrage insuffisant des tirants : le coffrage s'ouvre pendant le coulage, la section du voile devient irrégulière et l'enrobage des armatures n'est plus garanti.
Risque élevé Étais retirés avant que le béton ait atteint sa résistance : la pièce flue, se fissure ou s'affaisse, et la reprise implique un étaiement lourd et un renforcement structurel.
Risque moyen Joints de banches non étanches laissant fuir la laitance : le béton présente des zones caverneuses qui exposent les aciers et réduisent la capacité portante.
Risque moyen Trémie ou passage de gaine positionné hors plan dans un élément porteur : le percement correctif après coulage fragilise la section et impose un renfort validé par un bureau d'études.
Et bien d'autres sinistres couverts…
* Montants indicatifs — chaque chantier a ses particularités.
Connaître les exclusions vous évite les mauvaises surprises et vous aide à orienter vos clients vers les bonnes garanties.
Le vieillissement naturel des matériaux lié à l'absence d'entretien par le propriétaire ne relève pas de la décennale.
Tout dommage provoqué volontairement par le professionnel est exclu de la couverture décennale et peut faire l'objet de poursuites pénales.
Les travaux réalisés en dehors du périmètre d'activités déclaré lors de la souscription ne sont pas couverts.
Si le sinistre découle d'une erreur des plans d'exécution fournis par le bureau d'études ou le maître d'œuvre, la responsabilité relève de leur assurance de conception et non de votre décennale de réalisation.
Les sinistres dont le coût est inférieur à la franchise prévue au contrat restent à votre charge. Vérifiez le montant de la franchise avant de souscrire.
Les dommages causés par des événements climatiques exceptionnels relèvent de l'assurance habitation du propriétaire, pas de votre décennale.
Couvre les éléments indissociables de l'ouvrage — ceux qu'on ne peut pas retirer sans détériorer la structure.
Couvre les éléments dissociables — ceux qu'on peut retirer ou remplacer sans toucher à la structure.
En coffrage, la quasi-totalité des ouvrages relèvent du décennal : ils constituent la structure porteuse. C'est l'un des métiers où la frontière avec la biennale ne se pose presque jamais.
Juridiquement, seul le constructeur lié au maître d'ouvrage est soumis à la loi Spinetta. En pratique, l'entreprise générale se retourne contre vous par action récursoire dès qu'un désordre est imputable à votre coffrage.
Sans décennale, votre patrimoine personnel est engagé. Et aucune entreprise de gros œuvre sérieuse ne confie un lot de banchage sans attestation valide. Pas d'attestation, pas de marché.
Le coffrage est classé en gros œuvre, donc à risque élevé. Voici les fourchettes du marché selon votre statut et votre chiffre d'affaires. Voici les fourchettes estimées du marché en 2026.
Pour les coffreurs en début d'activité ou intervenant sur des chantiers de taille limitée.
La formule standard pour les coffreurs installés, avec ou sans salariés.
Couverture renforcée pour les entreprises de coffrage exploitant plusieurs équipes de banchage.
Plus votre CA est élevé, plus la prime augmente — généralement 2 à 5 % du CA.
10 ans d'expérience = prime réduite. L'ancienneté diminue le risque perçu.
Certaines activités sont plus risquées que d'autres. Déclarez précisément vos activités.
Île-de-France et métropoles = tarifs plus élevés qu'en zone rurale.
Zéro sinistre = bonus. Plusieurs sinistres = malus pouvant doubler la prime.
Franchise élevée = prime réduite. Protection juridique : +5 à 15 %.
* Prix estimés du marché — août 2026. Obtenez un devis personnalisé pour connaître votre tarif exact.
Le régime micro ne vous exempte de rien. L'obligation vaut pour tout coffreur, quelle que soit la forme juridique, dès le premier chantier.
Comptez 1 300 – 2 830 €/an pour une décennale + RC Pro selon votre chiffre d'affaires. Le gros œuvre étant classé à risque élevé, les assureurs examinent de près vos qualifications et vos justificatifs d'expérience — préparez vos certificats de travail avant de demander un devis.
La décennale ne couvre pas tout. Voici les assurances complémentaires recommandées pour exercer sereinement.
Couvre les dommages corporels, matériels et immatériels causés à des tiers pendant votre activité. Souvent couplée à la décennale dans un contrat unique.
2 ans de couverture sur les éléments dissociables que vous installez. Obligatoire et souvent incluse dans le contrat décennale.
Côté maître d'ouvrage (votre client), la DO permet de préfinancer les réparations sans attendre la recherche de responsabilité.
Protège vos locaux, votre stock de matériel, votre véhicule utilitaire et votre outillage contre le vol, l'incendie et les dégâts des eaux.
Prise en charge des frais d'avocat, d'expertise et de procédure en cas de litige avec un client, un fournisseur ou un sous-traitant.
Un parcours simple et rapide pour être couvert.
Indiquez votre métier (coffreur, coffrage béton banché), votre statut juridique et votre chiffre d'affaires. 4 questions, 2 minutes.
Recevez plusieurs devis de nos assureurs partenaires spécialisés BTP. Comparez les prix, les garanties et les franchises.
Signez électroniquement votre contrat et recevez votre attestation décennale par email sous 24h. Vous êtes couvert.
Oui, sans exception. Le coffreur intervient sur la structure porteuse du bâtiment : ses ouvrages relèvent pleinement de l'article 1792 du Code civil. La décennale doit être souscrite avant l'ouverture du chantier. Son absence est passible de 75 000 € d'amende et de 6 mois d'emprisonnement (art. L243-3 du Code des assurances).
Comptez 1 300 – 2 830 € par an selon votre chiffre d'affaires. Le coffrage est classé en gros œuvre, catégorie à risque élevé : les tarifs sont nettement supérieurs à ceux du second œuvre. Votre ancienneté, vos qualifications et votre historique de sinistralité font ensuite varier ce montant de 20 à 30 %.
Non, si l'erreur est clairement imputable aux plans fournis par le bureau d'études ou le maître d'œuvre : c'est leur assurance de conception qui joue. Le coffreur reste en revanche responsable de la mise en œuvre — aplomb, serrage des tirants, étaiement et respect des délais de décoffrage. En pratique, l'expertise partage souvent les responsabilités.
Oui. Un décoffrage prématuré est un défaut d'exécution, pas une faute intentionnelle : les désordres qui en résultent (fluage, fissuration, affaissement) sont couverts dès lors qu'ils compromettent la solidité de l'ouvrage. Attention en revanche à la clause de non-respect délibéré des règles de l'art, que certains contrats invoquent quand la faute est manifeste et documentée.
Oui, et c'est un point souvent négligé. Les assureurs distinguent le coffrage traditionnel bois du banchage métallique et des coffrages grimpants. Une activité non déclarée n'est pas garantie : si vous pratiquez les deux, faites-les figurer toutes les deux sur votre attestation, quitte à payer 8 à 15 % de prime supplémentaire.
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